Réponse à l’association le Printemps républicain

Cher monsieur,

Vous avez bien voulu nous adresser la charte du Printemps républicain pour les élections municipales et nous vous en remercions. Elle vise à garantir un strict respect du principe de laïcité par les candidats et futurs élus municipaux. Nous ne pouvons qu’être en accord avec cette ambition. Néanmoins, certaines formules présentes dans la charte ne nous permettent pas de la signer.

La laïcité est un principe qui garantit la concorde et la possibilité du débat démocratique. Elle pose qu’aucun argument d’autorité ne saurait valoir pour régler la vie de la cité. Nulle vérité révélée n’a cours dès lors qu’il s’agit de trancher les questions touchant à l’organisation de la vie en société et l’intérêt général. Seule la délibération sur le terrain universellement partagé de l’argumentation rationnelle peut valoir. De ce principe découle également le principe de neutralité à laquelle s’astreignent les représentants de l’État, qui s’interdisent de prendre part publiquement, d’une manière explicite ou implicite, à une controverse à teneur religieuse. C’est un des moyens les plus efficaces de garantir l’unité du peuple français. En tant que candidates et candidats, en tant qu’élues, nous respecterons et ferons respecter scrupuleusement ces principes. À cet égard, les engagements prévus dans la charte seront satisfaits par notre pratique.

Cependant, nous ne sommes pas d’accord pour dire que « le vrai clivage, aujourd’hui, ne passe pas entre progressistes et populistes : il passe entre les républicains et les identitaires. » Il y aurait beaucoup à dire sur cette alternative. Pour notre part, nous observons que la société est traversée de diverses fractures et qu’il serait inadéquat de prétendre qu’il n’existe qu’un clivage politique. Effectivement, la crise écologique met l’humanité entière au pied du mur. Le défi qu’elle représente impose d’agir si profondément que seule la réduction des inégalités et l’affirmation d’une pratique démocratique intégrale est susceptible de permettre à la société d’atteindre le niveau de mobilisation suffisant. Cela implique de ne pas laisser la société se fragmenter dans des revendications sectorielles qui perdraient de vue le bien commun.

Toutefois, nous ne tenons pas pour vrai que la revendication d’un groupe, quel qu’il soit, soit automatiquement vouée à abîmer la société. Au contraire, certaines de ces revendications sont précisément formulées au nom de principes universels et ne nuisent donc en rien à la concorde et à la vie démocratique. Le Printemps républicain le soutient également en apportant un soutien très explicite aux revendications des personnes LGBTI+ ou féministes. D’aucuns prétendent pourtant parfois que ces causes illustrent un tournant identitaire de la lutte politique. Vous l’aurez compris, c’est plutôt la crainte de n’être pas exactement compris dans nos intentions qui nous retient de signer cette charte. Nous nous affirmons néanmoins passionnément républicaines et républicains dans la mesure où nous voulons faire de la Liberté, l’Égalité et la Fraternité, plus qu’une devise, mais un véritable programme.

Salutations républicaines,

Montrouge Écologique et Solidaire