Réponse à l’association de parents d’élèves PEEP

Madame Monsieur,

Chers parents,

la liste Montrouge Écologique et Solidaire vous remercie de votre courrier et de votre engagement au service d’une éducation publique de qualité.
Les membres de notre liste ont examiné précisément les engagements que vous nous demandez de prendre et sommes heureux de pouvoir affirmer y souscrire pleinement.
D’une manière générale, nous déplorons le sous-investissement chronique dont ont souffert les écoles ces dernières années. Notre conviction est qu’un véritable plan de rattrapage sera indispensable au cours du prochain mandat. Nous sommes déterminés à faire de l’école la priorité de notre action.

Comme votre questionnaire le signale, la première urgence est de garantir l’accueil, la sécurité et la préservation de la santé du public, enfants comme adultes.
Nous devrons lancer rapidement la construction d’une nouvelle crèche. On estime à 690 le nombre de naissances par an à Montrouge pour au maximum 500 attributions de place en crèche. Cet écart est bien trop important. Le gouvernement a décidé, à raison, de rendre l’instruction obligatoire à partir de 3 ans. Nous ne souhaitons pas que cette décision s’applique in fine au détriment de l’enseignement public et devrons donc renforcer l’offre d’accueil municipal.
Nous lancerons avec vous une réflexion sur l’accueil en centre de loisirs pour les fratries de familles « recomposées » dont les enfants ne résident pas en permanence à Montrouge.

Bien conscients que la crise climatique représente une grave menace pour l’humanité et en particulier pour les plus vulnérables d’entre nous, il sera dans nos priorités de prévenir le risque de canicule dans les établissements scolaires. L’ensemble des mesures adéquates seront prises le plus tôt possibles, en particulier l’installation de systèmes de brumisation.
Écologistes conséquents, nous souhaitons bien entendu faire la transparence et réduire drastiquement l’exposition aux divers polluants et perturbateurs endocriniens. Notre engagement en faveur de la réduction de la place de la voiture individuelle devrait avoir des effets dans ce sens. En particulier nous devrons entamer une négociation avec le département afin d’assurer la décroissance de la circulation sur l’avenue Aristide Briand. En effet, le classement de la crèche Bambou à un niveau préoccupant d’exposition au dioxyde d’azote impose de prendre des mesures fortes. La solution de son enfouissement ne saurait être écartée à ce stade.
En outre, nous proposerons un système de « ramassage » scolaire à pied (dit « pédibus ») et l’instauration de périodes sans voiture aux abords des écoles afin de garantir la sûreté et la tranquillité des enfants.

Nous rejoindrons la lutte pour l’interdiction du glyphosate et nous nous engagerons pour qu’au plus tôt les élèves bénéficient au sein des cantines de repas « bio », dont les produits hyper-transformés auront été bannis, et servis avec des contenants réellement inertes. À cet égard l’utilisation de barquettes de cellulose ne peut être entièrement satisfaisante et devra être dépassée. L’excès des protéines carnées dans l’alimentation représentant à la fois un facteur de risque pour la santé et pour l’environnement, une alternative végétarienne sera quotidiennement proposée.

Pour atteindre ces objectifs nous devrons parvenir à structurer une filière d’approvisionnement en circuit court. Plusieurs communes avant Montrouge s’y sont attelées et nous sommes heureux de pouvoir compter sur leur expérience dans la mise en œuvre de notre projet. Nous sommes par exemple en lien avec madame Salima Djidel, adjointe au maire de Grenoble Éric Piolle en charge de la restauration, l’alimentation locale et biologique et espérons parvenir à organiser sa venue à Montrouge au cours de la campagne afin d’évoquer son expérience. Nous vous inviterons à sa rencontre le cas échéant.

Ce travail ambitieux de structuration de filière ne sera pas qu’une « simple » activité économique et administrative. Elle aura une dimension humaine que nous souhaitons rendre la plus riche possible. En effet, nous souhaitons procéder à de véritables jumelages avec des villes et villages, passer des conventions avec des coopératives de producteurs et éventuellement des chambres d’agriculture afin de faire prospérer des partenariats complets. Nous souhaitons par exemple que Montrouge participe au financement de la reconversion vers le bio de bassins entiers en garantissant un débouché à leurs productions. Un système d’avance de trésorerie est également à envisager. Une stratégie de cette nature permettrait d’agir à moindre frais au service de tous.

Au-delà, ces partenariats pourront s’accompagner d’échanges entre les écoles et de l’installation d’une seconde colonie de vacances. Le site de Villelouvette est aujourd’hui insuffisant à plusieurs égards. Or nous sommes très attachés à rendre effectif un véritable droit aux vacances pour les enfants. Indispensable à leur épanouissement, c’est aussi un puissant moyen d’intégration et de brassage social dont nous aurions tort de priver notre pays. Encore une fois, l’investissement dans ce sens serait relativement modeste au regard du prix du bâti dans un certain nombre de zones rurales en voie de désertification.

Enfin, la découverte de la nature que permettrait ces partenariats sera notamment complétée par l’implication des écoles dans les projets de végétalisation de la ville, notamment du quartier Jules Ferry.

Bien entendu, l’école est avant tout un lieu d’apprentissage et nous devons créer les conditions de la réussite de toutes et tous. C’est pourquoi nous voulons renforcer l’animation périscolaire en nouant un partenariat avec notre voisine, Paris. Comme vous le savez les élèves « d’outre-périphérique » bénéficient des services des « animateurs de la Ville de Paris », véritables fonctionnaires formés et spécialistes du périscolaire. Nous souhaitons qu’en contrepartie d’une participation financière de notre ville, les élèves de Montrouge puissent bénéficier de ce système aux qualités éprouvées.

Nous projetons de renforcer l’information et la prévention des risques liés à la surexposition précoce aux écrans. Cette démarche est d’ailleurs connexe à notre volonté de lutter contre la pollution lumineuse dont le principal effet sur les humains consistent dans le dérèglement du système circadien et des cycles du sommeil. Ce dernier point a bien sûr une sérieuse incidence sur les performances scolaires des élèves. À nos yeux, il est impératif que les bonnes pratiques en la matière soient appropriées par le plus grand nombre.

Nous devrons également montrer une grande vigilance face aux décisions prises par le ministère de l’Éducation nationale, garantir l’autonomie pédagogique des enseignants et demeurer vigilants pour que l’unité du système d’enseignement public soit conservée. Nous devrons œuvrer pour garantir une véritable décharge pour les directeurs d’écoles et refuser que la prise en compte de la souffrance au travail dont le suicide de madame Christine Renon a été le symbole, ne se traduise par la création d’Établissements Publics d’Enseignement Primaire (EPEP). Si ce projet, retiré in extremis de la dernière loi sur l’éducation devait ressurgir au cours du mandat à venir, il serait de notre responsabilité d’informer sur les risques qu’il comporte.

Enfin, redisons ici notre conviction :la profonde transformation de la société que la crise écologique nous impose est impossible dans une société où quelques-uns décideraient tandis que les autres devraient subir. La concertation et la démocratie ne sont pas des à-côté ou le « supplément d’âme » de notre projet. Elles en sont la condition vitale. Nous nous engageons donc à mener toute notre action dans le dialogue avec les associations de parents et les syndicats. Notre proposition de créer un conseil de la vie associative est un des emblèmes de cette volonté.

Notre projet pour Montrouge est, à part entière, un projet de société écologique et solidaire. Ce projet suppose un peuple uni et éclairé. L’école publique laïque gratuite et obligatoire est le plus efficace creuset où il se forge.

En toute logique, nous mettrons donc le souci de l’école au cœur de notre action.

Pour conclure, s’il m’est permis de joindre quelques mots personnels à ce message, je souhaite vous assurer une chose. Grandi dans une famille aux moyens modestes, c’est la réussite scolaire qui a assuré mon avenir. Devenu agrégé de lettres classiques, je considère mon engagement civique comme l’autre face de ma vocation d’éducateur. Même si je le voulais, je ne saurais y déroger.

Cordialement,

Aurélien Saintoul

tête de liste pour Montrouge Écologique et Solidaire