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Municipales : il faut rendre le débat public obligatoire pour les villes de plus de 10.000 habitants

Paradoxe de l’élection municipale : le maire est l’élu préféré des Français, mais la campagne municipale actuelle ne passionne guère. Il faut dire que sur 36.000 communes, bien peu ont droit à une véritable campagne où des candidates et candidats présentent des projets et échangent des arguments. Quelques jours après un débat entre les candidats à la mairie de Paris diffusé sur des chaînes nationales, le manque pour toutes les autres communes se fait sentir. Pour le commun des citoyens, il devient alors très difficile de faire un choix éclairé. Par définition, le matériel électoral des candidats vante leurs qualités et tait leurs défauts. Comment distinguer sans pouvoir comparer objectivement les programmes et les personnes ?

Les barons locaux en profitent au maximum. Lorsque des concurrents les interpellent, il suffit de ne pas répondre. Leur petite (ou grande) notoriété d’élu sortant suffira bien à éclipser les demandes de ces citoyens qu’ils jugent illégitimes. Leur refus de débattre ne sera même pas connu. La « prime au sortant » joue à plein sans même qu’on s’en aperçoive. Parmi les habitants, le nombre de ceux qui savent que le sortant ne voit pas l’intérêt ou ne se sent pas apte à débattre est marginal. Et l’utilisation des réseaux sociaux n’est guère en mesure de changer la donne. Ajoutons à cela la manœuvre qui consiste à escamoter les étiquettes politiques et l’opacité est totale. Comme on sait, La République en marche a passé consigne à ses candidats. Pas de logo du parti présidentiel sur le matériel de campagne ! Le nouveau monde recycle sans peine ni scrupule la vieille tactique du mensonge par omission. En fin de compte, pour les citoyens, une chose permet visiblement de distinguer les candidats : c’est leur capacité financière ! Encore une fois, le sortant n’est pas désavantagé dans ce domaine.

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