Notre première déclaration au conseil municipal

Dimanche 28 juin voyait l’élection de 3 conseillers municipaux de notre liste Montrouge Écologique et Solidaire, ce vendredi 03 juillet ils siégeaient pour la première fois au conseil municipal. Pour indiquer dans quel sens le groupe Montrouge Écologique et Solidaire compte travailler, Aurélien Saintoul a fait la déclaration suivante:

Monsieur le maire, mesdames et messieurs les conseillers,

cette campagne municipale hors norme vient de s’achever pour de bon aujourd’hui.
Son calendrier et son déroulement ont été bouleversée par l’épidémie de covid-19. C’est pourquoi je tiens d’abord à rendre hommage aux victimes et à adresser mes remerciements à celles et ceux qui ont soigné, à celles et ceux dont le travail et l’abnégation ont permis que la vie ne s’arrête pas durant cette difficile période.

J’exprime également ma reconnaissance envers celles et ceux, associations ou particuliers, qui se sont impliqués dans cette élection et ont fait vivre le débat démocratique par leurs questions, leurs exhortations et leur militantisme.

Je félicite bien entendu l’ensemble des élus de cette assemblée et formule le vœu que nous puissions avoir ici les débats transparents et sereins dont la campagne a malheureusement manqué.

Mais surtout, j’adresse un salut particulier à toutes celles et tous ceux qui ont choisi de s’abstenir. Ils forment la première liste à Montrouge. Leur geste doit nous inciter à la plus grande modestie quel que soit le score recueilli par la liste à laquelle nous appartenons.

Le choix de l’abstention est rationnel. Comme militant politique, comme citoyens engagés, il nous déplaît certes. Mais il témoigne une défiance à l’égard des institutions et du personnel politique qui a des causes profondes et que tout le monde connaît : l’absence d’éthique, le mensonge, les atteintes à la probité, l’éloignement de la décision et du citoyen, la dilution de la responsabilité politique, l’absence de prise en compte de la diversité des points de vue et inversement l’engluement du débat dans un consensus mou…
Ces pathologies de la démocratie demandent une réaction vigoureuse sans laquelle plus aucune délibération sur le bien public n’aura bientôt plus de légitimité, le consentement à l’autorité de la loi continuera de s’éroder et la vie en société elle-même se délitera.

C’est d’autant plus urgent que nous avons face à nous une crise écologique globale. Le dérèglement climatique, l’effondrement de la biodiversité menacent la vie elle-même. L’activité humaine en est la principale cause. Nous le savons et nous commençons à en tirer les conséquences. Il faut une transformation profonde des modes de vie, des façons de se déplacer, de produire, de consommer. Le statu quo n’est pas une option et l’avant-gardisme est voué à l’échec. La situation appelle une mobilisation civique totale et donc une pratique démocratique plus ouverte et plus directe.
Je n’aurai pas souvent l’occasion de prendre l’action du gouvernement comme une référence, je le crains, mais je dois dire que la Convention citoyenne sur le climat donne une indication intéressante du haut degré d’investissement et de conscience qui se trouve chez les citoyens appelés à délibérer directement des graves problèmes que nous rencontrons.
Je souhaite qu’ici même, à Montrouge, nous suivions cet exemple et rendions la parole aux citoyennes et citoyens. Des idées simples peuvent être mises en œuvre ; je les livre pêle-mêle : garantir des moyens aux oppositions, enregistrer et diffuser en direct nos délibérations, délocaliser le conseil municipal dans les différents quartiers de la ville, ouvrir la possibilité de référendums locaux ou l’inscription à l’ordre du jour de conseil des questions portées directement par les citoyens.

Corollairement, il est illusoire de penser faire face à la crise écologique et mobiliser les forces vives du pays, dans une société fracturée d’inégalités, d’injustices et de discriminations. Dans ce domaine non plus, Montrouge n’est pas à la hauteur. Au fil des opérations immobilières, la ville s’est vidée de sa population la moins aisée. Dernière en date, l’opération dite Blue Bird qui prévoit la création de bureaux au 134-136 avenue Briand alors que le logement et les espaces verts manquent si cruellement.
Au lieu de travailler à l’égalité et de lutter contre la pauvreté, on a choisi d’évincer les pauvres. On a confié à d’autres le soin d’accueillir et accompagner ceux qui sont dans la difficulté et pâtissent des injustices du système économique.
Le logement social demeure insuffisant. Les infrastructures d’accueil des enfants sont insuffisantes. Les services publics ont été réduits, privatisés ou fermés au détriment de celles et ceux dont ils étaient le seul patrimoine.
Le premier levier de la lutte contre les inégalités a été négligé. Le sous-investissement dans les écoles est chronique. La baisse des crédits de fourniture proposée dans le budget est un symptôme de cette déshérence.
Des fermetures de classe sont annoncées mais on ne voit aucune réaction de la municipalité. Il faut entamer une discussion et peut-être même un bras de fer avec l’Éducation nationale. Si l’équipe municipale s’y emploie nous la soutiendrons, bien sûr.

Enfin, la lutte contre les discriminations et en particulier contre le racisme et l’antisémitisme ne me semble pas avoir fait jusqu’à présent l’objet d’une prise de conscience suffisante. La crise économique que nous allons traverser va encore accroître les tensions dans la société. La recherche de bouc-émissaires est hélas une réaction trop prévisible et il nous appartient à toutes et tous de ne rien céder à ce sinistre réflexe des sociétés désorientées. Depuis quelques temps des affichages racistes ignobles apparaissent en ville. Comme vous la savez, j’ai porté plainte pour ce qui me paraît un trouble manifeste à l’ordre public. Je souhaite que désormais ce soit le maire lui-même qui fasse cette démarche auprès du procureur pour témoigner l’unanimité qui existe, je crois, entre nous sur ce sujet. Ce serait un acte fort de concorde et qui manifesterait concrètement notre volonté d’agir ensemble pour l’intérêt général.